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ICO (Part I) : entre introduction en bourse et crowdfunding

Par Laurent Leloup

Dans le sillage de l’essor et de la démocratisation des cybermonnaies ces dernières années, les « ICO » (Initial Coin Offering) ont elles aussi connu un très fort développement. Elles désignent une nouvelle méthode destinée à lever des fonds. Entre le crowdfunding et l’introduction en bourse, elles permettent d’ouvrir les portes du financement d’entreprises à (presque) n’importe qui.

Au début…
 

Vous connaissez probablement le terme « IPO » (Initial Public Offering), qui se traduit par une introduction en bourse en français. Le monde de la blockchain s’en est librement inspiré en créant la notion d’ « ICO » (Initial Coin Offering) en 2013. Omni Layer (aussi connu sous Mastercoin) est la première entreprise à avoir utilisé ce procédé pour lever des fonds. 2017 fut une année charnière avec plus de 200 ICOs dans le monde, qui ont permis de récolter plus de 3 milliards de dollars. En 2018, on estime que les montants levés dépasseront les 10 milliards de dollars ; en janvier 2018, déjà plus de 1,5 milliard de dollars ont été investis !

Un monde de tokens
 

Tous ces projets ont un point commun : ils reposent sur la technologie blockchain, qui a été introduite et démocratisée par le bitcoin en 2009. Cette dernière est assimilable à un grand livre de comptes, ouvert, transparent et sécurisé. C’est pour financer un tel système que les ICO ont vu le jour. Il s’agit de faire participer un large public à la levée de fonds et ce, que ce soit en cybermonnaies (Bitcoin, Ether, etc.) et même parfois en monnaies fiduciaires (Euro, dollars, etc.).

Lors d’une IPO traditionnelle, les investisseurs reçoivent des actions en échange. Après une ICO, ils sont récompensés avec des « coins » ou des « tokens », dont le nombre créé est évolutif selon le projet. S’ils n’ouvrent pas de droit à des avantages spéciaux, ces derniers peuvent être utilisés pour l’activité développée par l’entreprise qui fait sa levée de fonds.  De plus, ils sont aussi échangeables sur des places de marché en ligne comme Binance, Bitfinex, Poloniex et consorts.

En faisant appel tant au monde de la finance traditionnelle qu’aux particuliers du monde entier, les porteurs de projet et entrepreneurs disposent donc d’un nouveau moyen de lever des fonds.  D’autant plus que sur la blockchain, tout est sécurisé par les contrats intelligents (« smart contracts »), qui sont au cœur des ICOs. Ces programmes sont exécutés sur la blockchain, et répondent à des règles immuables en ce qui concerne le transfert des tokens, les règles d’acquisition, etc.

Un cadre législatif encore à définir
 

Les ICOs se situent entre les introductions en bourse et le financement participatif. Comme dans beaucoup de projets financiers, les investisseurs cherchent la rentabilité.  C’est pourquoi la vaste majorité des projets proposent en amont un livre blanc qui détaille techniquement le projet, donne une feuille de route, et peut aussi montrer l’équipe, le code source du smart contract développé, les conditions d’émission, etc.

Comme tout projet financier, une ICO présente un risque pour les investisseurs. En France, si l’AMF semble favorable à encourager leur éclosion, le cadre légal n’est pas encore clairement défini. D’autres pays ont purement et simplement interdit les ICO, comme la Chine qui a aussi interdit les sites d’échange de cybermonnaies.

Article publié sur Les Echos Solutions, par Laurent Leloup. En savoir plus https://goo.gl/Y4w9HB

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